QUI SOMMES NOUS ?

Les évangéliques

  • Qui sont les évangéliques ?
  • Évangéliques » ou « évangélistes » ?

 

L’adjectif « évangélique » se réfère à l’Évangile. Il désigne certaines Églises (et chrétiens) rattachés au protestantisme. Ce terme, longtemps considéré comme synonyme de « protestant », identifie aujourd’hui un courant particulier du protestantisme.

Il ne faut pas confondre « évangélique » et « évangéliste». Ce dernier vocable désigne les auteurs des quatre Évangiles. Il qualifie également une personne exerçant un ministère de prédication principalement orienté vers les non-croyants.

  • « Évangéliques » ou « protestants évangéliques » ?

Les racines des évangéliques remontent au début du protestantisme, au XVIe siècle (1). Ils partagent encore aujourd’hui les valeurs fondamentales des réformateurs (Martin Luther, Jean Calvin…). De plus, ils se reconnaissent volontiers dans la branche de la Réforme qui a revendiqué dès l’origine la séparation des Églises et de l’État et a plaidé pour des assemblées autonomes composées de convertis.

Il convient donc de désigner les évangéliques en France par l’expression plus complète de « protestants évangéliques ». Celle-ci tient compte du passé tout en permettant de les distinguer des Églises protestantes dites historiques comme les Églises réformées ou luthériennes. Cette distinction est d’ailleurs établie par le Groupe de Sociologie des Religions et de la Laïcité du CNRS (2).

  • Comment définir la foi évangélique ?

Celle-ci se résume en trois points, partagés par l’ensemble des protestants évangéliques :

La normalité de la Bible. Elle est la référence de la foi évangélique. Elle est considérée normative à la fois sur le plan théologique et pratique. »notre autorité »

L’importance d’une conversion personnelle. On ne naît pas évangélique, on le devient par choix personnel et engagement individuel. C’est ce qui explique l’importance accordée au baptême d’adulte. Celui-ci est l’expression publique d’une foi vécue et assumée, à l’opposé d’une simple tradition.

L’universalité du message de l’Évangile et l’importance, pour les chrétiens évangéliques, de le faire connaître autour d’eux dans le respect de la liberté individuelle.

  • Les évangéliques sont-ils d’origine américaine ?

Considérer les évangéliques comme un mouvement américain colonisant le monde est partial et inexact.

L’Histoire confirme l’émergence du mouvement évangélique sur le continent européen, en Suisse, en Allemagne, en France, aux Pays-Bas, en Angleterre avant même… la naissance des États-Unis. D’ailleurs de nombreux évangéliques ont émigré en Amérique au XVIIe et XVIIIe siècle à cause du manque de liberté religieuse qui sévissait en Europe et singulièrement en France.

Reste qu’un certain nombre d’Églises évangéliques en France, comme dans d’autres parties du monde, ont été fondées avec le concours de missionnaires américains, essentiellement à partir de la Seconde Guerre mondiale.

Les évangéliques français ne dépendent d’aucune instance dirigeante située ailleurs dans le monde. S’ils entretiennent des relations internationales et favorisent des partenariats, ils le font par fraternité chrétienne tout en veillant à leur indépendance typiquement protestante.

  • Les évangéliques sont-ils une secte ?

Le rapport parlementaire sur les sectes 3, bien conscient de la difficulté de définition, propose trois sens possibles du mot secte : étymologique, sociologique, dangerosité.

Selon ces critères, le protestantisme évangélique n’est pas concerné par cette question. Cependant, aucun groupement humain n’est à l’abri de dérives sectaires.

Autres différences avec les sectes, les évangéliques possèdent deux atouts sociaux propres à les éloigner d’un fonctionnement sectaire :

Dans la ligne de la tradition protestante, les évangéliques accordent une place prépondérante au choix individuel. Cette attitude les tient a priori à l’écart des logiques « d’embrigadement » ou de « lavage de cerveau ».

Les évangéliques sont très attachés au principe démocratique. Leurs Églises fonctionnent généralement de manière autonome (ce qu’on appelle le congrégationalisme). En principe, le pasteur ou le responsable est élu par les membres de l’Église et les décisions soumises au vote des fidèles. Ce fonctionnement est à l’opposé de la domination d’un groupe par un gourou.

  • Comment expliquer la croissance des évangéliques ?
  • Des raisons extérieures

La sécularisation de la société française depuis la deuxième moitié du XXe siècle a provoqué le déclin des grandes Églises, la perte de repères spirituels et moraux.

La modernité n’a pas tenu ses promesses. L’homme d’aujourd’hui est déçu du progrès technique qui isole les individus dans des rapports de plus en plus virtuels.

Dans le même temps, le besoin de réponses aux questions existentielles n’a pas varié.

  • Des raisons propres

Devenir « chrétien évangélique » par libre choix, par conviction personnelle est une notion moderne, conforme aux aspirations de nos contemporains.

Chaque croyant est invité à mettre l’Évangile de Jésus-Christ en pratique dans sa vie personnelle, ce qui constitue un vrai projet de vie.

Les évangéliques savent allier un certain conservatisme doctrinal avec ses points de repères, ses valeurs stables et une flexibilité culturelle quant aux formes de l’expression de la foi et de la vie de l’Église.

La doctrine protestante évangélique répond à la demande d’authenticité, de respect de la personne humaine et de ses besoins dans tous les domaines de la vie.

Les Églises évangéliques développent une grande capacité d’adaptation : elles peuvent se réunir dans un salon, chez un particulier, ou compter plusieurs milliers de membres… et survivre dans la persécution !

Foi personnelle, salut personnel font appel à un engagement et à la responsabilité individuelle. Ainsi les membres des Églises évangéliques participent activement à la vie de leur communauté.

La mise en avant des dons de l’Esprit Saint, tels que la Bible les définit dans le Nouveau Testament, encourage chaque membre à une participation active et souvent très créative ; ce qui rend la pratique du culte et des autres moments de la vie de l’Église vivants, spontanés et conviviaux.

L’Église telle que la conçoit la Bible est une communauté dans laquelle chacun trouve sa place : les familles, les enfants, les adolescents, les personnes seules ou âgées.

  • Les évangéliques et la politique

Cette question complexe est davantage liée aux spécificités politiques d’une nation qu’à des raisons théologiques. Aux États-Unis où plus d’un Américain sur quatre se déclare évangélique, ceux-ci jouent un rôle indéniable en particulier lors des élections présidentielles.

Dans certains pays dans lesquels les évangéliques sont nombreux, comme le Pérou, le Guatemala, le Brésil ou l’Ouganda, La Chine , la Corée du sud , leur influence est plus contrastée. Parfois leur apport politique et social est reconnu pour son utilité à l’exemple de celui des pentecôtistes en Ouganda en matière d’alphabétisation et de scolarisation (4).

En France, la situation est plus simple. Les Églises évangéliques adhèrent depuis l’origine au principe de laïcité, de la séparation des Églises et de l’État. Elles sont soumises à la loi républicaine, et sont constituées en associations cultuelles 1905. Leurs statuts précisent qu’elles ne poursuivent aucun but politique. On observe un pluralisme politique effectif parmi les membres de ces Églises.

  • Les Églises évangéliques sont des « Églises ethniques »

C’est l’image que certains médias donnent. Celle-ci ne correspond pas à la réalité des Églises évangéliques françaises dans leur ensemble. S’il est vrai que de nombreuses communautés, composées de fidèles d’origine étrangère, ont été fondées depuis quelques années, celles-ci reflètent pour l’essentiel la réalité démographique de la banlieue parisienne et de quelques grandes villes de France.

De plus, le terme « ethnique » est souvent utilisé en trompe-l’oeil, parfois teinté de racisme. En effet, sur quels critères attribuer le caractère d’ethnicité à une Église ?

Les Églises évangéliques sont, par essence, ouvertes à tous, sans exclusivité ni restriction ethnique ou sociale… Ce qui est en accord avec la Bible qui souligne : « Maintenant, il n’y a plus de place pour les discriminations faites par les hommes. Il n’y a plus de différence entre Juif et Grec, serviteur et maître, homme et femme : toutes ces distinctions humaines tombent. Unis au Christ, vous ne faites plus qu’un (5)».

Si certaines Églises intègrent des traditions culturelles (musique, danse…) apportées par des membres d’origine étrangère, ces traditions ne peuvent être assimilées à des signes distinctifs évangéliques.

  • Les évangéliques font du prosélytisme

Le mot « prosélytisme » est devenu aujourd’hui franchement péjoratif et même abusivement synonyme de « racolage ». Ce terme évoque une propagande religieuse massive comportant des éléments de pression, de harcèlement, de conditionnement psychologique et s’apparente à l’intégrisme. Généralement, le prosélytisme accentue les spécificités d’un mouvement comme condition, souvent exclusive, du salut. Le prosélytisme s’apparente parfois à de l’embrigadement.

Les évangéliques rejettent et condamnent ces méthodes. Ils ont à cœur, comme l’a enseigné le Christ, de partager leur découverte personnelle de l’Évangile. »évangélisation sombre »

L’évangélisation est la proclamation publique de l’Évangile. Elle est destinée à informer nos contemporains afin de leur donner l’occasion d’établir un contact personnel avec Dieu. L’évangélisation est une offre spirituelle ouverte. Elle fait appel à la liberté de conscience de chacun. L’invitation qu’elle adresse vise la conviction intérieure, la foi de chacun.

  • « Les born again christians sont une horrible secte ! »

Cette remarque témoigne d’une ignorance regrettable. « Born again christian » signifie littéralement « chrétien né de nouveau ou nouveauté de vie  ». Plutôt que de conserver cette expression en anglais, et de donner ainsi l’impression d’une opacité sectaire, il convient simplement de la traduire. En effet, elle est directement importée… de la bouche même de Jésus dans l’Évangile ! « Jésus lui répond [à Nicodème, chef religieux juif] : Je te le dis, c’est la vérité, personne ne peut voir le Royaume de Dieu, s’il ne naît pas de nouveau (7) ».

La nouvelle naissance est l’expérience spirituelle par laquelle quelqu’un place sa confiance en Dieu le Créateur et choisit de prendre au sérieux et d’appliquer dans sa vie personnelle l’enseignement du Christ. C’est ainsi que l’on devient chrétien… évangélique. Plutôt que d’une dérive sectaire, il s’agit d’un véritable retour aux sources chrétiennes.

  • Eclatés dans une myriade de dénominations !

Les Français sont habitués à la structure pyramidale et monolithique du catholicisme.

Par comparaison, chez les évangéliques, l’absence d’une hiérarchie affirmée, d’un clergé ou d’une structure unique surprend et parfois déroute.

Les évangéliques peuvent être considérés comme une famille dans laquelle l’essentiel du patrimoine génétique est commun à tous les membres qui la composent. Seuls quelques chromosomes diffèrent et vont donner naissance à des personnalités distinctes et uniques. Les évangéliques ont l’essentiel en commun. L’histoire, la compréhension variée de certains aspects théologiques et ecclésiaux secondaires, expliquent que les croyants se regroupent en diverses dénominations : baptistes, méthodistes, pentecôtistes, frères…

 

Chiffres

Les protestants évangéliques dans le monde

420 millions d’évangéliques dont 210 millions de pentecôtistes sur 1,9 milliard de chrétiens.

Europe : 17,3 millions.

Afrique : 116 millions.

Amérique du Nord : 94 millions.

Amérique Latine : 55 millions.

Asie : 133 millions, dont 89 millions

en Chine. On parle de 10 000 nouveaux convertis par jour dans ce pays.

Source : World Christian Encyclopedia et Portes Ouvertes. 

 

  • Les protestants évangéliques en France

Dans la première moitié du xixe siècle apparaissent les premières Églises évangéliques au sens moderne : Églises

baptistes, Assemblées de frères dites darbystes, Églises libres et Églises méthodistes. On comptait moins de 100 000 évangéliques en 1950. On dénombre aujourd’hui 1916 églises en France métropolitaine regroupant 400 000 membres. Les évangéliques sont aujourd’hui majoritaires au sein du protestantisme français en ce qui concerne le nombre de leurs

  • implantations locales.

1 350 Églises locales supplémentaires ont été créées depuis 1970. 35 Églises sont implantées chaque année. Soit une tous les 10 jours !

 

Source : Les Églises protestantes évangéliques en France.

 

Étude statistique et cartographique. D Liechti. 2007

Les lieux de cultes en France

Catholiques : 40 000 édifices cultuels

Protestants (réformés, luthériens etévangéliques) : 3 500 temples et salles de réunions

Musulmans : 1 685 mosquées et salles de prières (selon le Ministère de l’Intérieur)

Israélites : 82 synagogues et oratoires

 

Notes

1 Elles remontent même aux origines du christianisme. « Elles [les Églises évangéliques] sont issues du courant évangélique qui remonte à Jésus de Nazareth et, à travers les siècles, a porté tous les vrais disciples de celui-ci ». L’Essor des Églises évangéliques, Philippe LARRÈRE (prêtre dominicain), Éditions Centurion, page 7.

2 Le Protestantisme évangélique : un christianisme de conversion, sous la direction de Sébastien FATH, Éditions Brepols, 2004, 379 p.

3 Rapport no 2 468 du 20 décembre 1995.

4 Souligné par Odon VALET dans La planète des autres, France 5, émission diffusée le 5 juin 2005.

5 La Bible : Épître aux Galates, chapitre 3 verset 28 (Parole Vivante).

6 Paula JACQUES, France Inter dans Cosmopolitaines, le dimanche 19 juin 2005.

7 La Bible : Évangile selon Jean, chapitre 3 verset 3.

 

  • Que croient les évangéliques ?

Cette question revient fréquemment aujourd’hui. Il y a plusieurs manières de comprendre le protestantisme évangélique : historique, sociologique, etc. L’une d’entre elles consiste à examiner ce que croient les évangéliques, à envisager le contenu de leur foi. Cette approche est particulièrement intéressante puisque le credo évangélique constitue leur « patrimoine génétique commun ». Même s’ils sont répartis dans de nombreuses organisations et se présentent sous différentes étiquettes, ils ont en commun un grand nombre de convictions fondées sur la Bible qui leur sont essentielles. En particulier, celles ci-dessous.

La Bible

Nous croyons à la divine inspiration et à l’autorité souveraine des Saintes Écritures, constituées des soixante-six livres de l’Ancien et du Nouveau Testament, qui sont la Parole de Dieu […].*

  • Prennent-ils la Bible au pied de la lettre ?

Si les évangéliques ont la Bible pour norme, ils ne considèrent pas que tout texte biblique doit être interprété de manière littérale stricte. Un texte poétique ne sera pas lu de la même façon qu’un texte historique. Autre exemple, la Bible, qui n’est pas un livre scientifique, débute par un récit de la création et affirme à de très nombreuses reprises que Dieu est le Créateur de l’Univers. Or, si tous les chrétiens évangéliques reconnaissent que Dieu est le Créateur, ils ne pensent cependant pas tous que la terre a été créée « en 6 jours de vingt-quatre heures » … Les évangéliques s’attachent avant tout aux enseignements importants confirmés par la Bible dans son ensemble. Ils reconnaissent que des affirmations plus isolées, et donc de moindre importance, sont d’interprétation incertaine.

  • Les évangéliques font-ils partie du protestantisme ?

Oui, ils s’appuient sur les mêmes fondements que les réformateurs protestants du 16e siècle (Martin Luther, Jean Calvin…) : la Bible, la foi, la grâce. De plus, ils se reconnaissent volontiers héritiers de la Réforme dite radicale ou « anabaptiste-mennonite » qui a développé à la même époque une vision de l’Église séparée de l’Etat et a invité les hommes à un engagement de foi personnel.

  • Dieu

Nous croyons en un seul Dieu souverain ; Père, Fils et Saint-Esprit, Créateur de l’Univers […]. *

  • Pensent-ils être les seuls à détenir la vérité ?

Les évangéliques n’ont pas le monopole de la vérité et ils le savent. Cependant, ils croient à l’existence d’une vérité unique et absolue, celle de Jésus-Christ qui, parlant de lui-même dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie, nul ne vient au Père que par moi … ». Pour les évangéliques, la vérité ne peut être la propriété d’aucune Église ni d’aucun groupe humain. Il s’agit de suivre le Christ qui est venu révéler Dieu le Père. Sont-ils tolérants envers les autres religions ? Contrairement à une idée reçue, une conviction religieuse forte ne conduit pas inévitablement à l’intolérance. Les évangéliques souhaitent témoigner de leurs croyances, en suivant l’enseignement et l’exemple du Christ qui les enjoint à « aimer son prochain comme [soi]-même ». Cette volonté de l’amour induit le respect de l’autre, de ses convictions, exclut toute violence et ne laisse pas de place au fanatisme. Ils n’ont nullement l’intention d’imposer leurs croyances à autrui. Cependant, aucun groupe humain n’est à l’abri de comportements de repli sur soi ou de dérives sectaires. C’est alors que le rôle d’instances nationales régulatrices comme la Fédération Protestante de France, ou le Conseil National des Évangéliques de France prend toute son importance OU unepi .

  • Jésus-Christ

Nous croyons en Jésus-Christ, à sa parfaite divinité et sa préexistence éternelle, à sa naissance d’une vierge, […] à sa mort expiatoire à notre place, à sa résurrection et son ascension corporelles, à son prochain retour personnel, visible et glorieux. »

  • Les évangéliques sont-ils conservateurs ?

La réponse dépend du contexte sociétal en général et du thème abordé en particulier. Les Églises protestantes évangéliques maintiennent des positions de morale personnelle fermes dans leur principe : mariage réservé aux couples hétérosexuels, protection de la vie jusqu’à la mort naturelle… tout en développant l’accueil de chaque être humain dans sa situation singulière. Cependant les évangéliques puisent dans le message de la Bible, des valeurs d’une incontestable modernité. Le respect de l’homme, quelle que soit son origine, considéré comme créature de Dieu, a pour eux des implications concrètes : actions sociales et humanitaires, lutte contre les discriminations. Ils manifestent un intérêt grandissant pour les questions liées à l’écologie et à une économie respectueuse de la dignité de l’homme.

  • L’homme et le péché

Nous croyons que l’homme, crée à l’image de Dieu, a chuté, […] dans la révolte, la corruption et la condamnation.*

  • Les évangéliques sont-ils culpabilisateurs ?

Une foule de gens, dans notre société contemporaine souffre d’une profonde culpabilité. La nier ou la refouler n’est d’aucun secours. L’Évangile repose sur l’offre de Dieu d’un pardon gratuit accordé à qui se reconnait pécheur. Ainsi le message évangélique, exigeant par nature, est en réalité libérateur. De nombreux évangéliques témoignent de la joie d’être pardonnés et déchargés de toute culpabilité. Dans leur théologie, la centralité de la croix et l’œuvre de Jésus sont fondamentales. « Pour les protestants évangéliques, il n’y a pas de christianisme authentique sans cette doctrine qui constitue à leurs yeux la clef de voûte de l’histoire du Salut . » Par ailleurs, les évangéliques aiment la vie d’autant plus qu’elle est pour eux un don de Dieu. La fête est au cœur de l’Evangile. D’ailleurs la Bible parle, pour décrire les évènements de la fin des temps, d’un gigantesque banquet nuptial ! Souvent le public est attiré par la chaleur et la convivialité des Églises protestantes évangéliques.

  • Les évangéliques sont-ils des fondamentalistes ?

Si fondamentaliste est compris comme intégriste, alors ils ne le sont pas. Cependant toute conviction forte, qu’elle soit morale, politique ou spirituelle, a nécessairement ses propres fondements. Les évangéliques tirent leurs valeurs de la Bible et ont le désir de mettre en pratique l’enseignement de Jésus-Christ, tel que chacun peut le découvrir dans les Évangiles.

  • Le Salut  » voir plus haut »

Nous croyons que la justification de l’homme s’opère par la grâce de Dieu en Jésus-Christ seul médiateur entre Dieu et les hommes et qu’elle est reçue uniquement par la foi personnelle. Nous croyons à la nécessité de la repentance et de la nouvelle naissance conduisant à une vie de piété, […]. *

  • Pourquoi parlent-ils tant de leur foi : sont-ils fanatiques 

Par leur disposition à sortir de leurs temples et de leurs églises et leur empressement dans l’annonce de l’Évangile, les évangéliques peuvent surprendre. Hommes et femmes de conviction, leur vie a été marquée par leur rencontre personnelle avec le Christ. Leur nouvelle relation avec Dieu donne un sens neuf à leur vie, un but à leur existence. Ils s’efforcent de calquer leur éthique personnelle sur les valeurs de l’Evangile. Ils désirent le mettre en pratique et spontanément en parlent autour d’eux ! « C’est de l’abondance du cœur que la bouche parle ! » Quoi de plus normal ? On ne dit pas d’un écologiste qui trie ses déchets, choisit de circuler à vélo en ville, refuse d’acheter des produits sous blister, qu’il est un fanatique parce qu’il s’efforce d’ajuster ses actes à ses convictions. Ni parce qu’il cherche à convaincre d’autres personnes d’adopter le même comportement !

  • L’Église

Nous croyons que l’Église universelle est l’ensemble des rachetés de Jésus-Christ, de toutes races, de tous les pays et de tous les temps […].* en nouveauté de vie diriger par L’ESPRIT SAINT .

  • Chaque groupe croit-il ce qu’il veut ?

Non, c’est la Bible reçue comme source unique d’autorité et norme qui constitue une caractéristique de premier plan dans la foi protestante évangélique, quel que soit le groupe. L’autorité de la Bible s’exerce dans le domaine de la foi et s’étend à tous les aspects de la vie : morale personnelle, choix éthiques, valeurs… La Bible occupe habituellement une place prépondérante dans la spiritualité évangélique, c’est elle qui nourrit la foi des croyants. La lecture personnelle quotidienne est encouragée. La lecture publique pendant le culte, les études bibliques constituent la colonne vertébrale de la vie des Églises protestantes évangéliques.

  • Comment devient-on chrétien évangélique ?

La prééminence du rôle de Jésus-Christ est liée à la doctrine de la conversion personnelle. Un “changement personnel” suite à une expérience religieuse, la conversion s’interprète chez les protestants évangéliques comme un processus […]. L’individu reconnaît Jésus-Christ comme son « sauveur » mort pour ses péchés et ressuscité pour son salut. Cette étape s’accompagne de la repentance (regret du mal commis) et d’un choix d’obéissance (« suivre Jésus »), engendrant une reconfiguration globale de l’itinéraire biographique du converti . Cette conversion est toujours une décision personnelle et libre. C’est pourquoi les évangéliques sont attachés à la notion de liberté de conscience et de liberté d’expression de la foi. À quelques rares exceptions, ils manifestent leur conversion par le baptême reçu à l’âge adulte. Ils ne baptisent pas leurs enfants pour leur conserver la liberté de choix lorsqu’ils seront capables de décider par eux-mêmes.

  • L’au-delà

Nous croyons à la résurrection de tous les hommes, à la félicité éternelle des rachetés, et au châtiment éternel des pécheurs impénitents.*

  • Que pensent-ils de la vie après la mort ?

Les évangéliques croient à la réalité d’une vie après la mort, avec ou sans Dieu, à la responsabilité de chacun. La vie terrestre des êtres humains revêt pour eux une grande valeur, car elle est unique et déterminante pour l’au-delà. La foi en la résurrection offre une vraie espérance. La conscience de l’éternité change les perspectives de la vie.

  • Les évangéliques sont-ils apocalyptiques ?

L’Apocalypse est le dernier livre de la Bible, c’est une prophétie qui décrit le retour du Christ et le déroulement des évènements de la fin des temps. Bien des prophéties avaient déjà annoncé sa première venue, de nombreuses autres prédictions annoncent son retour. Les croyants évangéliques considèrent que l’invitation biblique « Prépare-toi à la rencontre de ton Dieu », s’adresse à tous. Ils pensent que chaque homme a le droit de savoir.

  • Conclusion

Le mouvement évangélique est en pleine expansion, en France comme dans le monde, et s’inscrit dans l’histoire. Il y a chez les évangéliques un réel désir, respectable et louable, de faire part à leur entourage, sous des formes particulièrement variées, de ce qu’ils ont découvert et qui donne tout son sens à leur existence. Ils font preuve d’ouverture en invitant très régulièrement et largement le public à diverses manifestions. Autant d’occasions de découvrir qui sont les évangéliques. Alors bienvenue !

 

Notes

1 La Bible : Évangile selon Jean, chapitre 14 verset 6.

2 La Bible : évangile selon Matthieu, chapitre 22 verset 39.

3 Du ghetto au réseau. Le protestantisme évangélique en France 1800-2005, Sébastien Fath, Labor et Fidès, 2005, page 33.

4 cf. Le protestantisme évangélique, un christianisme de conversion, sous la direction de Sébastien Fath, Éditions Brepols, 2004, page 336.

5 Le Christ dans l’évangile selon Luc, chapitre 6 verset 45.

6 Le protestantisme évangélique, un christianisme de conversion, sous la direction de Sébastien Fath, Éditions Brepols, 2004, page 335.

7 La Bible : Livre d’Amos, chapitre 4 verset 12.

* voir la Confession de Foi

VOIR STATISTIQUES DU CNEF   http://www.eglises.org/statistiques/

 

 

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